WARDI de Mats GRORUD

Dans la droite ligne des films d’animation découverts ces derniers mois (Parvana, Chris the Swiss, Samouni road…), Wardi part d’un sujet intime pour aborder un épisode historique complexe, grave et fondamental. Ici, il est question du trop long conflit israélo-palestinien et de ses conséquences. L’histoire, très simple, est presque un prétexte. Dans un camp de réfugiés palestiniens au Liban, une petite fille rend visite aux différents membres de sa famille qui lui racontent à tour de rôle un souvenir précis lié à leur exil forcé depuis l’annexion de leur territoire par les Israéliens en 1948.

Le procédé, certes un peu répétitif au fil des épisodes, permet au réalisateur de revisiter de manière plutôt maligne les 70 années de conflit au Moyen-Orient, en s’appuyant notamment sur des témoignages recueillis auprès de réfugiés palestiniens. Il prend alors clairement fait et cause pour ces éternels exilés qui ne sont plus chez eux nulle part depuis maintenant quatre générations.

L’une des bonnes idées du film repose sur le mélange des techniques : animation de marionnettes pour la vie dans le camp ( qui prend presque une valeur de conte allégorique) et animation 2D traditionnelle pour les flash-backs des différents récits ancrés dans la grande histoire, parmi lesquels la nakba (l’exode palestinien de 1948) ou encore la guerre d’usure de la fin des années 60. Malgré une certaine forme de naïveté, Wardi témoigne ainsi avec force de réalités humaines déchirantes, et donc forcément révoltantes, et démontre l’urgence de trouver enfin une solution durable et concrète, loin de tout cynisme politique.

Critique de Marie-Pauline MOLLARET

Film d’animation norvégien de Mats GRORUD (2017), avec les voix de Pauline ZIADE, Aïssa MAÏGA, Saïd AMADIS. 1h20

 

2019-02-28T14:42:34+00:00 mercredi 27 février 2019|Critiques Texte|

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