Un pyromane libéré de prison retrouve sa mère dans un village perdu de Galice où la population redoute qu’il ne récidive. La tension atteint son comble lorsqu’un nouvel incendie se déclare et que l’opinion publique se déchaîne. Étonnant film signé par un réalisateur résolument atypique, Grand Prix de la Semaine de la critique à Cannes en 2016 pour Mimosas, la voie de l’Atlas. Oliver LAXE n’a pas son pareil lorsqu’il s’agit de filmer la nature, qu’elle soit végétale ou minérale. Il n’emprunte cependant jamais la voie du documentaire, mais établit un rapport charnel entre sa caméra et ces paysages montagnards austères peuplés de taiseux, qui plus est murés dans leur dialecte. S’il excelle à évacuer le langage, il accorde un soin particulier au son. Viendra le feu est à ce titre une expérience extra-sensorielle intense qui joue sur toutes les ressources du cinéma. La méthode de travail du metteur en scène l’a conduit à s’immerger longuement dans son décor pour s’en imprégner. Avec une variable d’ajustement plutôt aléatoire par rapport aux contingences spécifiques du cinéma. La véritable vedette de son film, c’est en effet ce feu qui ravage les forêts l’été et constitue évidemment le point d’orgue de cet ode à la nature dont les protagonistes font littéralement corps avec une terre qui renvoie aux origines du monde. Un tel sujet aurait pu inspirer un suspense ou une réflexion sur la loi de Lynch. Tel n’est pas le propos de ce film magistral qui nous renvoie à la condition humaine.

Critique de Jean-Philippe GUERAND

O que arde. Film espagnol d’Oliver LAXE (2018), avec Amador ARIAS, Benedicta SÁNCHEZ, Inazio ABRAO. 1h25.