Sans tambour ni trompette, sans vraiment fréquenter les festivals ni alimenter les unes des journaux, pas même ceux spécialisés en cinéma, Pierre JOLIVET réalise un joli parcours.

Victor et Célia est son 17è long métrage (si l’on omet Alors… heureux ?), un chiffre que peu de cinéastes de sa génération peuvent se targuer d’avoir atteint. Soit une œuvre relativement cohérente dont la ligne directrice est résolument celle d’un humanisme précisément ancré dans une réalité sociale contemporaine (à quelques exceptions près, tel le formidable Frère du guerrier). Victor et Célia nous met en présence d’un couple éminemment sympathique dont le but est de mettre sur pied un salon de coiffure, malgré les embuches financières et légales. Le film n’est pas un mélodrame, mais une chronique chaleureuse qui revêt par moment des aspects presque documentaires.

C’est également une comédie, qui renoue par moments avec le dynamisme et la dynamique de Ma Petite Entreprise (qui reste par ailleurs à ce jour le plus gros succès du cinéaste). Mais la tension est sans doute moins grande. Ne serait-ce que parce qu’Arthur DUPONT, notre enthousiaste coiffeur, est porteur d’une bonhommie que ne possédait pas le très électrique Vincent LINDON (à la tête de la « Petite entreprise »). Le film tourne d’autant plus rond que l’empathie que nous avons pour les personnages est immédiate et qu’une nouvelle fois le signataire des Hommes du feu sait ce qu’est un tissus social (il est l’un des rares metteurs en scène à insérer ses personnages systématiquement dans un milieu professionnel précis). Même si, pourquoi ne pas le reconnaître, nous avons tendance à préférer ses films les plus noirs, Fred ou Jamais de la vie

Julien D’ESPOSITO (ISTS 1999) et Eddy LAURENT (ESRA 1996) ont participé à la prise de son sur le film.

Critique de Yves ALION

Film français de Pierre JOLIVET (2018), avec Alice BELAIDI, Arthur DUPONT, Bruno BENABAR. 1h31.