Trois souvenirs de ma jeunesse d’Arnaud DESPLECHIN

>>>Trois souvenirs de ma jeunesse d’Arnaud DESPLECHIN
  • Trois Souvenirs de ma jeunesse

S’il est un défaut que ne possède pas Desplechin, c’est l’inconstance. Son nouveau film se présente comme une sorte de digest très digeste de son œuvre que ses inconditionnels parcourront comme un jeu de l’oie initiatique et ludique. On y retrouve son alter ego, Paul Dédalus, au cours de ses années de formation roubaisiennes, confronté à une famille étouffante puis à des amours compliquées. Une fois n’est pas coutume, l’adulte incarné par Mathieu Amalric, se trouve réduit ici à la portion congrue, parti fuir sa mémoire au Tadjikistan, au profit du héros en jeune homme qu’incarne Quentin Dolmaire, face à une énième Esther que campe Lou Roy-Lecollinet. Trois Souvenirs de ma jeunesse est un improbable revival fusionnel des Enfants terribles et des Quatre Cents Coups qui confirme combien Desplechin assume l’héritage de Cocteau et Truffaut, autrement dit la pérennité d’un cinéma français tourné autant vers le “je” que vers le jeu qui n’a peur d’assumer ni son romantisme ni sa verve littéraire.

Jean-Philippe Guerand

Film français d’Arnaud Desplechin (2014), avec Quentin Dolmaire, Lou Roy-Lecollinet, Mathieu Amalric. 2h.

2017-03-09T15:54:57+00:00 mardi 19 mai 2015|Critiques Texte|