Gabriel et la montagne de Fellipe BARBOSA

>>>Gabriel et la montagne de Fellipe BARBOSA

Gabriel BUCHMANN, ami depuis l’adolescence du metteur en scène carioca Fellipe BARBOSA, a disparu au Malawi en 2009 après dix mois de voyage à travers le monde, sac au dos. Ce désir de parcourir la planète, des millions de jeunes gens le réalisent depuis les années soixante. C’est un itinéraire banal, malgré l’intensité des sentiments et des rencontres qu’il peut représenter pour les plus conscients d’entre eux. Il peut aboutir parfois à une course quasi volontaire vers le néant, l’oubli de soi. BARBOSA reprend avec sa caméra le chemin de son ami. Deux comédiens interprètent BUCHMANN et sa fiancée Cristina. Pour le reste tous les personnages qui apparaissent sur l’écran sont les interlocuteurs réels que BUCHMANN rencontra à Zanzibar, au Kenya et au Malawi. Ils rejouent, entre document et fiction, leur contact avec le voyageur qui va se perdre. BUCHMANN revendique l’influence de Des hommes et des dieux de Xavier BEAUVOIS (2010), du Sans toit ni loi d’Agnès Varda (1985). On pense aussi au très beau Nocturne Indien d’Alain CORNEAU (1989) ou plus récemment Into The Wild de Sean PENN (2007). BARBOSA n’idéalise pas, il montre les grandeurs, les faiblesses, les naïvetés du voyageur, à la fois aventurier rimbaldien et touriste maladroit. Sa mort même, représentée à l’écran, est un mélange d’illumination poétique et d’accident trivial. La proximité sentimentale avec son personnage, la démarche formelle originale, le regard profond sur les pays parcourus (BARBOSA , né en 1980, admire Jean ROUCH, dont on célèbre le centenaire en 2017) font de ce film un objet rare et profondément émouvant.

Critique de René MARX

Gabriel e a montanha. Film franco-brésilien de Fellipe BARBOSA(2017), avec João Pedro ZAPPA et Caroline ABRAS. 2h09

 

2017-08-30T15:37:33+00:00 mercredi 30 août 2017|Critiques Texte|