L’anniversaire ou la maladie ou la mort de la grand-mère. Les enfants adultes. Leurs problèmes de filiation. Leurs problèmes conjugaux. Leurs problèmes de travail. Leurs enfants à eux. Leurs rivalités dans la fratrie. L’argent. Vendre la maison. Ne pas la vendre. Les ambitions contrariées. Les enfants qui comprennent tout. Et est-ce que le plat de résistance sera à la hauteur ? Oubliera-t-on les angoisses pour fêter gentiment la récipiendaire ou célébrer sa mémoire ? Voilà qui peut donner du TCHEKHOV. Ou, à peu de chose près, Une affaire de famille (plutôt très bien), Milou en mai (magnifique), Frankie (dommage, raté), Dallas (impitoyable) ou quelques centaines de films, chefs-d’œuvre ou panouilles. En se faufilant dans cette cohorte, Cédric KAHN aligne les talents (acteurs, productrice, monteur) et produit ce qui s’appelait, selon TRUFFAUT, la « qualité française ». Bien écrit, bien joué, bien construit. Et aucune surprise, des acteurs qui répètent ce qu’ils savent faire, des scènes prévisibles posées les unes à côté des autres. Le réalisateur de Bar des rails, L’Ennui, Une vie meilleure, films exigeants, surprenants, a fait cette fois un film sans enjeu. Une Emmanuelle BERCOT folle, déchaînée, un vrai personnage, sauve sur le fil ce coup d’épée dans l’eau.

Critique de René MARX

Film français de Cédric KAHN (2019), avec Catherine DENEUVE, Cédric KAHN, Emmanuelle BERCOT, Vincent MACAIGNE. 1h41.