Dogman de Matteo GARRONE

Un toiletteur pour chiens inoffensif accueille avec joie le retour d’un de ses amis, un boxeur sorti de prison qui entreprend de racketter le quartier. Faute d’intervenir, il se trouve confronté à un cas de conscience qui va le contraindre à sortir de sa réserve…

On le sait depuis son film précédent, Le Conte des contes Matteo GARRONE goûte les fables, leur fantaisie et leur morale. Avec Dogman, le réalisateur italien tourne le dos au réalisme de Gomorra et revient à la stylisation de Reality. La communauté qu’il dépeint assume son pittoresque. Le lieu même qu’il a choisi tranche avec les décors habituels auxquels a pu nous habituer le cinéma transalpin au cours de sa riche histoire. L’action se déroule dans une station balnéaire de Campanie que le réalisateur avait déjà filmée dans son premier film, L’Embaumeur. Dès lors, ses habitants semblent prisonniers de ce lieu isolé déserté des touristes. GARRONE force le trait à dessein et évoque à travers ce tandem bancal formé par un paisible innocent et une brute épaisse le duo oubliable du roman de John STEINBECK Des souris et des hommes. À ceci près qu’ici, c’est le plus faible (l’étonnant Marcello FONTE primé à Cannes pour sa composition) qui défend le colosse (Edoardo PESCE) en qui il refuse de voir la bête immonde qu’il est devenu et qui met en péril la quiétude de cette communauté repliée sur elle-même. À travers ce conte sardonique, Garrone dénonce la passivité et l’inaction généralisée d’une Italie en péril.

Critique de Jean-Philippe GUERAND

Film italien de Matteo GARRONE (2018), avec Marcello FONTE, Edoardo PESCE, Alida BALDARI CALABRIA. 1h42.

Photos : © Le Pacte
2018-07-12T16:57:29+00:00 jeudi 12 juillet 2018|Critiques Texte|

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