AMANDA de Mikhael HERS

Memory Lane en 2010, puis en 2016, Ce sentiment de l’été, les deux premiers longs métrages de Mikhael HERS avaient fait découvrir un ton nouveau, une mélancolie qui osait fouiller loin dans les sentiments. Une manière de peindre les groupe d’amis, les liens familiaux en prenant le temps de la profondeur. Comme en 2016, HERS articule son récit autour d’un décès brutal, inattendu. Le deuil, au-delà de la souffrance, bouleverse les équilibres, les relations de ceux qui sont frappés. Leur vie change en un instant. Comment David, encore dans l’insouciance de l’adolescence à 25 ans, se confronte à une réalité imprévue, à des obligations qu’il identifie peu à peu : c’est le défi du scénario de HERS, relevé magnifiquement par Vincent LACOSTE. Très jeune comédien devenu incontournable après déjà plus de vingt longs métrages, en tête d’affiche en 2018 chez Christophe HONORÉ et Thomas LILTI, LACOSTE apporte énormément au scénario et à la mise en scène hypersensibles de Mikhael HERS. Face à lui, Isaure MULTRIER (10 ans) est déjà une grande actrice. L’ensemble des comédiennes et comédiens, tous parfaits, porte l’émotion dans un récit dont la sentimentalité n’exclut pas la chronique contemporaine. Le Paris d’aujourd’hui est filmé par HERS, grâce aux parcours de David, avec une vraie justesse, Le cinéaste déclare avoir voulu un film « le plus simple possible ». La « simplicité » à la HERS multiplie les points de vue, donne de la finesse aux itinéraires intimes, offre de la complexité et de l’émotion à chaque instant filmé.

Critique de René MARX

Film français de Mikhael HERS (2018), avec Vincent LACOSTE, Isaure MULTRIER, Stacy MARTIN, Marianne BASLER, Greta SCACCHI. 1h47

2018-11-20T17:01:22+00:00 mardi 20 novembre 2018|Critiques Texte|