Victoria de Sebastian SCHIPPER

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  • Victoria

Ce film noir au scénario somme toute classique (une soirée qui dérape et un braquage qui tourne fatalement mal) repose sur une performance technique hors du commun. Tout le film est en effet tourné en un seul plan séquence de 2 heures et quinze minutes, sans aucun trucage, donc sans raccord plus ou moins habilement dissimulé. De plus, loin de se cantonner à lieu clos, ce thriller passe d’un night-club aux rues berlinoises, d’un parking à une banque, d’une voiture à un hôtel, le tout sur un rythme frénétique. Ce parti pris, comme bien des gestes artistiques qui reposent sur une contrainte forte, induit des défauts inévitables. La caméra légère, toujours portée, oscille jusqu’à provoquer parfois un malaise physique, et les temps morts, inévitables (de ceux qui sont gommés au montage par des ellipses discrètes), rallongent le film au-delà de ce qui est habituellement nécessaire. Mais on ne peut qu’être impressionné par la performance physique, des techniciens d’une part, mais aussi et surtout des comédiens, et en tout premier lieu de Laïa Costa, que la caméra ne lâche pas une seconde.

Laurent Aknin

Film allemand de Sebastian Schipper (2014), avec Laïa Costa, Frederik Lau, Franz Rogowski. 2h 20. 

2017-03-09T15:54:56+00:00 lundi 29 juin 2015|Critiques Texte|