Une femme iranienne de Negar AZARBAYJANI

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  • Une Femme Iranienne

Nous avons des idées préconçues sur la société iranienne, soumise à l’emprise des mollahs. Nous savons par ailleurs que le cinéma iranien est encadré. Jusqu’à un certain point, le récent exemple du Taxi Téhéran de Jafar Panahi (qui est en principe interdit d’activité artistique) nous montrant que les filets de la censure ne sont pas si fins que cela. Cette Femme iranienne est là pour le confirmer, s’agissant d’un sujet qui même sous nos tropiques à priori plus ouverts fait encore grincer bien des dents, puisqu’il s’agit de l’identité sexuelle. Cette « femme iranienne » a un rêve, celle de se faire opérer pour devenir un homme ! S’il est sans ambiguïté quant à l’empathie qu’il affiche pour le personnage, le film n’est pas pour autant lourdement démonstratif. Il prend le temps de nous rendre la jeune femme sympathique derrière ses manières rudes de garçon manqué, en lui faisant croiser le chemin d’une autre femme, de mœurs plus traditionnelles (mais également marginalisée, pour d’autres raisons). Tout l’intérêt du film est de voir le regard de ce second personnage évoluer, passant de la franche incompréhension à une empathie active. Ce faisant c’est un portrait en creux de la société iranienne qu’il nous est donné de voir, un portrait subtil, loin des clichés taillés dans le marbre.

Yves Alion

Aynehaye Rooberoo. Film iranien de Negar Azarbayjani (2011), avec Ghazal Shakeri, Shayesteh Irani, Homayoun Ershadi. 1h 42.

2017-03-09T15:54:57+00:00 mercredi 13 mai 2015|Critiques Texte|