Un pigeon perché sur une branche philosophait sur l’existence de Roy ANDERSSON

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Roy ANDERSSON est à la fois un des cinéastes européens les plus importants et les plus singuliers. Ce film constitue le troisième volet d’une trilogie entamée il y a de cela quinze ans sous le titre générique de Trilogie des vivants. ANDERSSON tourne en autarcie dans son propre studio, des films millimétrés jusqu’au moindre détail. Cette nouvelle œuvre est un parfait condensé de son style, non pas singulier, mais unique. Il s’agit d’une succession de scènes absurdes ou cruelles reliées par un mince fil narratif, toujours tournées en studio, et donc dans un style artificiel revendiqué ; il s’agit également de plans fixes de très longue durée, à l’intérieur desquels les personnages, que l’on croirait figés comme dans une toile de Hopper ou un dessin caricatural, s’animent soudain dans des situations absurdes et souvent hilarantes. Pour qui connaît déjà le travail de Roy ANDERSSON, l’effet de surprise joue naturellement moins que dans le film inaugural : Chansons du deuxième étage, qui est désormais un classique. Mais certaines séquences, immenses par leur ambition technique et leur prolongement philosophique (le défilé des troupes royales dans une mise en scène anachronique, ou un cauchemar littéralement terrifiant), se situent sans nul doute au sommet de l’art du cinéaste.

Critique de Laurent AKNIN

En duva satt på en gren och funderade på tillvaron. Film suédois de Roy ANDERSSON (2014), avec Holger ANDERSSON, Nils WESTBLOM, Charlotta LARSSON. 1h 40.

2017-06-23T12:27:49+00:00 mercredi 29 avril 2015|Critiques Texte|