The Young Lady de William OLDROYD

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Cet impressionnant premier film est la transposition dans l’Angleterre du dix-neuvième siècle d’une célèbre œuvre de Nikolai LESKOV (Lady MACBETH du district de Minsk), qui a déjà été portée à l’écran, en particulier par Andrzej WAJDA en 1963. Dans cette version, la limitation des moyens a obligé le réalisateur à des choix esthétiques et narratifs radicaux qui, loin de desservir le film, en renforcent au contraire la puissance et l’efficacité. Des plans, souvent fixes, savamment composés, un souci constant du détail, un art dans la construction dramatique rarement vu dans une première œuvre. L’histoire, rappelons-le, est celle d’une jeune femme mal mariée (en fait quasiment vendue), délaissée par son mari, qui va connaitre une passion adultère dévorante, mais qui va aussi glisser dans une succession d’actes criminels de plus en plus atroces. Tout l’art du cinéaste est de jouer ainsi avec l’empathie du spectateur envers son héroïne, et de lui faire assister pas à pas la fabrication et la naissance d’un monstre,  jusqu’à une fin terriblement noire et cruelle. Il est aidé pour cela par une comédienne extraordinaire, Florence PUGH, quasiment inconnue, et qui irradie chaque plan d’une présence magnétique. Ce film remarquablement maîtrisé, noir et envoûtant, rappelle que le talent n’est pas forcément lié au budget : rarement une époque passée n’aura semblé aussi présente et vraisemblable, et une tragédie si réaliste.

Critique de Karine LANNUT

Lady Macbeth. Film britannique de William OLDROYD (2016), avec Florence PUGH, Cosmo JARVIS, Paul HILTON, Naomi ACKIE. 1h 28.

 

 

2017-06-23T14:12:44+00:00 mercredi 12 avril 2017|Critiques Texte|