The Witch de Robert EGGERS

 

A côté des célèbres « franchises » du type Conjuring ou Paranormal Activity, une nouvelle école fantastique s’est développée ces dernières années dans le cinéma indépendant américain. Distingué à Sundance, ce film radical en est un des plus beaux exemples. En 1630, au début de la colonisation de l’Amérique du Nord, une famille ultra puritaine est chassée de sa propre communauté en raison du dogmatisme du père de famille. Elle s’installe dans une région isolée et tente d’y créer une ferme en vivant selon un code moral et religieux particulièrement strict. Mais d’étranges événements surviennent alors. Le Diable, ou des Sorcières vivant dans les bois, semblent agresser la famille. La grande intelligence du film, en suivant l’exemple classique de Jacques Tourneur, est de toujours laisser la place au doute. La jeune fille est peut-être possédée, à moins que ce ne soient ses jeunes frères jumeaux. Peut-être s’agit-il d’une forme d’hystérie familiale. Il n’empêche que l’horreur arrive réellement, rendue crédible par la perfection de la reconstitution : les costumes, mais aussi le remarquable travail de la photographie, et des dialogues en parler ancien (le film est impérativement à voir en v.o.) dont certains sont directement issus de textes et de journaux intimes de l’époque. Une plongée vertigineuse dans les racines profondes de la psyché américaine.

Laurent AKNIN

The Vvitch. Film américano-canadien de Robert EGGERS (2015) avec Anna TAYLOR-JOY, Ralph INESON, Kate DICKIE. 1h 32.

2017-03-09T15:54:47+00:00 mercredi 15 juin 2016|Critiques Texte|