Sing Street de John CARNEY

S’il est une qualité qui caractérise John Carney, c’est assurément une obstination à toute épreuve. Ce réalisateur irlandais révélé par Once (2007) et New York Melody (2013) creuse en effet avec une belle persévérance un sillon unique dans le cinéma contemporain en célébrant l’amour de la musique sous ses formes les plus intimes. Dans Sing Street, il s’y emploie en s’attachant aux frasques d’un collégien des années 80 trop timide pour séduire une fille rebelle qui décide de monter de toutes pièces un groupe, juste pour pouvoir lui proposer le rôle principal du clip qu’il a l’intention de tourner à grands renforts de système D. Entre comédie sentimentale et chronique adolescente, Carney signe un feelgood movie enthousiasmant qui manifeste une fraîcheur revigorante et repose sur des interprètes inconnus mais d’une justesse confondante. Ses protagonistes sont des anti-héros exquis en qui chacun pourra se reconnaître, sa vamp une fille mal dans sa peau qui rêve d’un monde meilleur à conquérir. Sing Street est un conte moderne qui donne des fourmis dans les jambes grâce à une musique composée en partie par son réalisateur. Bref, un film qui s’écoute autant qu’il se regarde et qui érige l’insouciance au rang des beaux-arts, sans nous soumettre pour autant au régime habituel du cinéma commercial calibré pour plaire. Il ne reste plus qu’à souhaiter que Carney résiste longtemps encore au chant des sirènes hollywoodiennes et que son nouvel opus soit plébiscité par le public. Il a vraiment tout pour plaire.

Critique de Jean-Philippe GUERAND

Film irlando-anglo-américain de John CARNEY (2015), avec Ferdia WALSH-PEELO, Lucy BOYNTON, Maria DOYLE KENNEDY. 1h 46.

2017-03-09T15:54:41+00:00 mercredi 26 octobre 2016|Critiques Texte|