Sage Femme de Martin PROVOST

 

Le titre est approprié. Car Claire, qu’incarne Catherine Frot est bel et bien sage-feme. Petite parenthèse : ce sont de véritables accouchements qui nous sont donnés à voir et les bébés de l’écran sont bien des nouveau-nés (et pas des gros bébés joufflus de six mois comme c’est trop souvent le cas). Mais le film n’est pas pour autant dédié à cette noble profession. Qui définit parfaitement Claire, au service des autres, quitte à devoir s’effacer aux yeux du monde. Claire est aussi une femme sage. Peut-être trop sage. Tout l’inverse de Béatrice, à qui Catherine Deneuve prête ses traits, un ancien grand amour de feu son père, avec laquelle elle renoue après des années. Car cette dernière est aussi imprévisible qu’égoïste. Mais elle affiche aussi une faim de vivre alors que justement sa vie touche à sa fin… Le film met en lumière la relation de ces deux femmes, qui n’est pas toujours simple, les rancœurs d’hier renvoyant aux incompréhensions d’aujourd’hui. Mais nous en retirons néanmoins une certaine euphorie. D’abord parce que les  deux comédiennes sont épatantes. Et puis Martin Provost semble de son côté avoir acquis une nouvelle sérénité, à des lustres de la noirceur de Séraphine ou de Violette, ses deux films les plus emblématiques. Toujours à l’affut de personnages féminins hors du commun, il a réussi cette fois-ci à faire que si sa cigale est au fond un peu fourmi, sa fourmi finit par découvrir le bonheur d’être cigale…

Critique d’Yves ALION

Film français de Martin PROVOST, avec Catherine FROT, Catherine DENEUVE, Olivier GOURMET. 1h 57.

 

 

2017-04-18T19:34:40+00:00 mercredi 22 mars 2017|Critiques Texte|