Moonlight de Barry JENKINS

 

Berry Jenkins a grandi dans les pires quartiers de Miami, élevé par une mère toxicomane. Il partage, avec quelques années de différence, cette éducation avec l’auteur de l’idée originale du film, l’écrivain Tarell Alvin McCraney. La découverte de son identité sexuelle dans un milieu qui renvoie des idéaux de virilité violente et d’ordre mafieux est le cœur de ce beau film, plusieurs fois nominé pour les Oscars 2017. Jenkins choisit de traiter à égalité trois époques de la vie de son personnage. À 10 ans, à 16 ans, adulte, il essaie de vivre. Noir, homosexuel : la pression sociale lui interdit tout épanouissement sentimental. Son itinéraire tourmenté pourrait être celui de tout individu, homme, femme, Blanc, Noir, homo ou hétéro, Comment fait-on pour briser sa vie, choisir en apparence les pires solutions, regretter ses échecs, réparer trop tard ce qui peut encore l’être ? Un récit ambitieux où le passage du temps est décrit avec beaucoup d’élégance, une mise en scène au plus près de l’intime et surtout des comédiens extraordinaires d’humanité évitent au film tout glissement vers la tentation du mélodrame, qui le menace ici et là. La vraisemblance du passage du temps est parfaitement tenue, dans un Miami presque hallucinatoire, une ville recréée par le rêve intérieur d’un homme malheureux. Les trois acteurs qui jouent le personnage principal se rejoignent de façon très convaincante. Et on voit mal comment l’Oscar du meilleur second rôle pourrait échapper à Mahershala Ali, qui joue, dans la première partie, le dealer qui sert de père de substitution du héros (même si le génial Jeff Bridges est dans la course…)

Critique de René MARX

Film américain de Barry JENKINS (2016), avec Mahershala ALI, Alex HIBBERT, Janelle MONAE, Naomie HARRIS, Ashton SANDERS, Trevante RHODES. 1h 51.

 

 

2017-04-18T19:34:43+00:00 mercredi 01 février 2017|Critiques Texte|