Mad max, fury road de George MILLER

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En réduisant en esclavage son héros culte dès les premières minutes du film, en le faisant tomber de son piédestal, le réalisateur George Miller s’offre le luxe de remettre les compteurs à zéro pour mieux renouveler, bien au-delà d’un simple changement d’acteur principal, l’univers post-apocalyptique qu’il a créé il y a déjà 35 ans. Le style de Mad Max (en tout cas les deux premiers films) était caractérisé par sa sécheresse : le spectacle était grandiose, inédit, mais aussi fauché, bricolé, la mise en scène d’autant plus efficace qu’elle était dépouillée. Fury Road est au contraire un film baroque, un spectacle pyrotechnique aux couleurs saturées (jaune solaire, bleu électrique et un saisissant passage au noir et blanc), où chaque élément de décor, chaque cascade, chaque plan presque, semble tenir de l’inédit.

Sous sa splendeur visuelle, le monde de George Miller est toujours aussi douloureux, peuplé de fous, de mutants et d’enfants soldats. Après s’être écharpé pour le contrôle des ressources naturelles (eau, essence), le peuple du futur monte encore d’un cran dans l’horreur en faisant de l’humain la nouvelle matière première : ce sont désormais le sang des hommes, le lait des mères et le fruit de leurs entrailles qui attisent la convoitise des dictateurs. Le cinéma manque d’artistes de la trempe de George Miller : des créateurs capables de donner une réalité physique à un univers imaginaire, de filmer l’action avec une clarté et un dynamisme rare et de permettre enfin aux femmes de faire sur ce terrain jeu strictement égal avec les hommes.

Sylvain Angiboust

Film australo-américain de George Miller (2014), avec Tom Hardy, Charlize Theron, Zoe Kravitz. 2h.

2017-03-09T15:54:57+00:00 mercredi 13 mai 2015|Critiques Texte|