Lady Bird de Gerta GERWIG

Greta GERWIG fait de toute évidence partie des comédiennes montantes du cinéma américain. Elle ne nous a en tous cas pas laissés indifférents à l’affiche de To Rome with love, de Damsel in distress ou de Maggie a un plan. Avec Lady Bird, elle passe derrière la caméra (elle avait neuf ans plus tôt cosigné Nights and Weekends, sans être réellement maîtresse de la manœuvre)… Le film n’est sans doute pas directement autobiographique, mais dispense des effluves visiblement très personnelles. L’action se déroule d’ailleurs à Sacramento, capitale administrative de Californie, qui n’a par ailleurs aucun cachet particulier, où Greta GERWIG a elle-même vécu ses années de prime jeunesse. Mais l’anonymat du lieu met davantage en valeur la volonté de l’adolescente qui est au cœur du film, et qu’incarne Saoirse RONAN avec une foi qu’elle nous fait partager, de prendre son envol et de différencier de la masse, qui affiche un sourire uniforme, parfois niais et sans doute contraint. Lady Bird s’inscrit de ce fait dans une tradition américaine (et même universelle) de portraits d’ados en révolte (on peut remonter à La Fureur de vivre, et même plus loin, pour lui trouver des modèles). Et comme James DEAN avec son père, notre héroïne se construit en opposition à sa mère, qui a les pieds sur terre et de ce fait incarne le quotidien le plus déprimant quand toutes les raisons sont réunies de se réfugier dans le rêve. L’action se situe en 2002, à une époque où Greta GERWIG n’était plus tout à fait adolescente. Mais cette date n’est pas innocente, qui suit de peu le traumatisme du 11 septembre 2001 (l’attentat contre le World Trade center) et modifie les consciences en profondeur. La réalisatrice ne voulait pas d’un film contemporain, où ses personnages seraient restés l’oreille collée à leur téléphone portable… Ce qui visiblement n’est pas un point de détail, mais une révolution fondamentale (et de toute évidence dommageable) de nos existences…

Critique de Yves ALION

Film américain de Greta GERWIG (2017), avec Saoirse RONAN, Laurie METCALF, Tracy LETTS. 1h34.

Photos :
Universal Pictures International France

 

2018-03-01T10:21:52+00:00 jeudi 01 mars 2018|Critiques Texte, La Critique de la Semaine|