L’effet aquatique de Solveig ANSPACH

Accueil>La Critique de la Semaine>Critiques Texte>L’effet aquatique de Solveig ANSPACH

 

Sólveig Anspach, américano-islandaise, avait sorti son premier film Haut les cœurs ! en 1999 et fut fidèle à Karin Viard dans l’avant-dernier, Lulu femme nue en 2012. Toute sa carrière s’est déroulée sous le signe de l’ubiquité. Diplômée de la FEMIS à Paris, passant sans cesse de la France à l’Islande, elle eut toujours ce regard double, distant, à l’origine du charme particulier de son univers. Elle avait presque fini le montage de ce nouveau film, quand elle quitta ce monde, à l’été 2015. La monteuse image, le monteur son, le scénariste, le producteur et le musicien du film se sont associés pour terminer son travail interrompu. Elle apparaît rapidement à l’écran, personnage burlesque parmi les autres. Car c’est bien un film burlesque que cette histoire d’amour en deux décors : la piscine de Montreuil et le congrès des maîtres-nageurs de Reykjavík ! Histoire d’amour délicate, basée sur de très jolis mensonges. La légèreté, la grâce du récit sont plus troublantes de venir d’une artiste qui va bientôt mourir. Florence Loiret Caille et Samir Guesmi incarnent cette légèreté. Tous deux comédiens confirmés, ils apparaissent de plus en plus convaincants dans un cinéma français en recherche de nouveauté. Comme Vincent Lacoste, Félix Moati, Swann Arlaud ou Solène Rigot (qui fait un passage éclair dans ce film) ils brillent par l’originalité de leur posture de comédiens, leur refus des clichés, des modèles attendus. Sólveig Anspach les a dirigés avec une élégance rare. Ce film burlesque est inspiré d’une tragédie, le Deep End de Jerzy Skolimowski (1970) et ne trahit en rien son magnifique prédécesseur.

René MARX

Film français de Solveig ANSPACH (2015), avec Florence LOIRET-CAILLE, Samir GUESMI, Didda JONSDOTTIR. 1h 23.

2017-03-09T15:54:47+00:00 mercredi 29 juin 2016|Critiques Texte|