In the Fade de Fatih AKIN

Trois ans après The Cut, superbe fresque sur le martyr arménien, Fatih AKIN revient sur le devant de la scène avec un film moins ambitieux en termes de production, mais qui n’en comporte pas moins lui aussi un message. Un message ambigu, puisque nous nous attachons aux pas d’une femme allemande dont le mari et le fils ont péri dans un attentat perpétré par un groupe de néonazis. N’ayant plus la moindre envie de vivre, elle réussit néanmoins à rassembler ses dernières forces pour organiser sa vengeance… Faut-il en conclure que Fatih AKIN prône la loi du talion ? Est-on tenté d’intimer à Diane KRUGER : « Charles BRONSON, sors de ce corps ! » ? Chacun jugera en son intime conviction. Quitte à ne pas ranger ce In the Fade, pourtant remarqué au dernier festival de Cannes comme étant l’un des grands films de son auteur. Reste le contexte politique. La victime de l’attentat est kurde. Ce n’est pas un hasard : tout en étant natif de Hambourg, Fatih AKIN n’oublie pas que sa propre famille est d’origine turque, et d’ailleurs tout son cinéma porte les stigmates d’une biculturalité pas toujours harmonieuse. On note que les auteurs de l’attentat sont des néonazis (il est vrai que la bête immonde relève la tête ces derniers temps au pays de Goethe) et non pas des partisans de l’état islamique (avec lesquels les Kurdes sont pourtant à couteaux tirés). De fait ce qui ressort réellement du film, c’est la performance de Diane KRUGER en incarnation vivante de la douleur humaine, qui curieusement n’avait pas jusqu’alors très souvent joué dans sa langue maternelle (un rôle secondaire dans Joyeux Noël, de Christian CARION). Son Prix d’interprétation à Cannes est mérité…

Critique de Yves ALION

In the Fade. Film allemand de Fatih AKIN (2017), avec Diane KRUGER Denis MOSCHITTO, Numan ACAR. 1h46

Photos : Copyright Pathé Distribution

 

2018-01-17T18:11:54+00:00 mercredi 17 janvier 2018|Critiques Texte, La Critique de la Semaine|