Fiore de Claudio GIOVANNESI

 

Les amants criminels… Le thème est vieux comme le cinéma, mais Claudio Giovannesi a choisi de les faire s’aimer au cœur même de leur prison, comme dans un roman de Jean Genet. Une fille de 17 ans, coupable de vol avec violences, rencontre un garçon à peine plus vieux qu’elle et ils vivent leur histoire sans se toucher ou presque, empêchés par les grilles qui séparent les différents secteurs de la maison d’arrêt. C’est surtout de la jeune fille qu’il s’agit, personnage qui doit énormément à une actrice à la personnalité exceptionnelle, Daphne Sciocca. On la voit évoluer pendant son enfermement, qui coïncide avec des aspirations communes à tous les adolescents, libres ou enfermés. C’est cette éducation sentimentale qui fait toute la valeur, la délicatesse du film de Giovannesi, sa beauté et l’intérêt qu’on y prend. Le dedans comme le dehors sont considérés par le cinéaste, qui regarde avec justesse ses deux héros comme ceux qui les entourent. Valerio Mastandrea est magnifique dans le rôle du père, lui-même à peine sorti de prison, et la galerie des codétenues de la jeune fille porte une vérité due à la longue préparation qui a précédé le tournage.  Les allusions subtiles à Truffaut (qui aimait Genet) ennoblissent le propos de l’auteur. Sa sélection à la dernière Quinzaine des Réalisateurs, aux côtés de Bellocchio, est une étape importante pour sa notoriété. Là où tous les clichés misérabilistes menaçaient le récit, Giovannesi, à peine quarante ans et auteur désormais de quatre longs métrages, est une voix tout à fait originale dans le cinéma italien contemporain.

Critique de René MARX

Film italien de Claudio GIOVANNESI (2016), avec Daphne SCIOCCA, Josciua ALGERI, Valerio MASTANDREA. 1h49

 

 

2017-04-18T19:34:40+00:00 mercredi 22 mars 2017|Critiques Texte|