Everest de Baltasar KORMAKUR

  • Everest

 

En préambule de sa célèbre nouvelle Les Neiges du Kilimandjaro, Ernest Hemingway écrit : « Tout près de la cime ouest, il y a une carcasse gelée de léopard. Nul n’a expliqué ce que le léopard allait chercher à cette altitude précise… » Il en est de même avec les hommes (et les femmes) qui n’ont de cesse dans ce film de gravir les pentes de l’Everest, la plus haute montagne du monde, par un temps à ne pas mettre un glaçon dehors. Peut-être l’irrésistible besoin de se dépasser, la brulante tentation de l’inutile. Quoi qu’il en soit le film raconte une histoire vraie, celle d’une expédition qui vit nombre de ses participants ne pas revenir, engloutis par la neige. Le film a le mérite de nous emporter avec eux, de nous faire partager leur exaltation, leurs peurs, leur douleur. Sensations renforcées par la 3D. Même si l’on sait que les effets spéciaux numériques sont aujourd’hui à la portée de tous, nous ne pouvons pas ne pas nous demander comment une équipe de film a pu mener à bout l’odyssée du tournage. Mais Kormäkur, estimable cinéaste islandais a bénéficié d’un budget confortable et d’un casting assez rutilant et d’un savoir-faire indéniable (il sait où placer la caméra, même quand l’image est engloutie par la blancheur). De fait nous ne renâclons pas le moins du monde à faire partie de la cordée, bien au contraire.

Yves Alion

Film islando-américain de Baltasar Kormäkur (2015), avec Jason Clarke, Jake Gyllenhaal, Josh Brolin, Robin Wright, Emily Watson. 2h 02.

https://www.youtube.com/watch?v=H0J23Tk_lfY

2017-03-09T15:54:55+00:00 mercredi 23 septembre 2015|Critiques Texte|