Cornélius, le meunier hurlant de Yann LE QUELLEC

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Depuis dix ans, Yann LE QUELLEC rêvait d’adapter à l’écran le roman du Finlandais Arto PAASILINNA. Burlesque, tragique, naïve, l’histoire du meunier hurlant touche au western et au conte de fées, à la parabole et à la satire. On voit bien l’urgence du projet de Le Quellec, qui y met une énergie et une passion toujours émouvantes. Après une carrière dans la production et des moyens métrages très remarqués (Je sens le beat qui monte en moi en 2012 et Le Quepa sur la Vilni ! en 2013), voici donc un récit filmé dans des lieux très sauvages (Larzac, Catalogne, Alpes) pour évoquer, dans une étrange uchronie, un village qui accueille un meunier atteint d’un mal magique. Fascinés ou hostiles, des paysans hors du temps escortent son histoire d’amour rêvée avec la fille du maire. La nuit, le meunier hurle à la lune, le jour il est indispensable au village qu’il fournit en farine. On repense au coup de lune du Kaos des frères TAVIANI (1984) et on se sent privé de la cruauté, de l’érotisme, de la poésie des grands Italiens, malgré l’engagement total du cinéaste, de sa troupe d’acteurs (venus aussi du cirque et du théâtre), du décorateur (Florian SANSON), des musiciens (Martin WHEELER, Iggy POP). Certains spectateurs resteront peut-être à l’écart de la poésie décalée, ambitieuse de Le Quellec. Souhaitons-lui d’en charmer le plus grand nombre.

Critique de René MARX

Film français de Yann LE QUELLEC (2017), avec Bonaventure GACON, Anaïs DEMOUSTIER, Gustave KERVERN, Solange MILHAUD. 1h4

 

2018-05-02T17:56:33+00:00 mercredi 02 mai 2018|Critiques Texte|