Chappie de Neill BLOMKAMP

  • Chappie

En trois films (District 9, Elysium, Chappie) et quelques courts métrages (Alive in Joburg, Tetra Vaal dont Chappie est la version longue), Neill Blombamp a construit une œuvre entièrement dédiée à la science-fiction. Une S.F. plus adulte que la majorité du cinéma de divertissement récent, ouvertement sociale et politique, pleine d’excitants designs robotiques (peu vus au cinéma mais très courants en BD, en jeu vidéo ou en animation) et de comédiens étonnants (District 9 révéla Sharlto Copley, qui prête ici son jeu à un robot 100% en images de synthèse et Chappie offre leurs premiers rôles à un étonnant duo de rappeurs sud-africains). Les films du jeune réalisateur ne sont pourtant pas toujours au niveau de ses ambitions, comme en témoigne ce Chappie inégal, qui semble composé de trois films différents. Le premier, le meilleur, est une version « sale gosse » du A. I. de Steven Spielberg. En situant le parcours initiatique de son robot intelligent dans les bas-fonds de Johannesburg plutôt que dans un futur de conte de fée, Blomkamp met l’accent sur l’importance du milieu dans l’éducation des individus (Oliver Twist n’est pas loin lorsque le robot est recueilli par une famille de malfaiteurs qui lui apprennent à commettre des crimes). Cette approche touchante est parasitée par une réflexion fumeuse sur la nature de conscience ainsi que par la volonté du réalisateur de rendre hommage, dans un dernier acte spectaculaire mais gratuit, aux films d’action de James Cameron et Paul Verhoeven (l’insurpassable Robocop est abondamment cité, de même que la série japonaise Patlabor).

Sylvain Angiboust

Film américain de Neill Blomkamp (2014), avec Hugh Jackman, Sharlto Copley, Sigourney Weaver. 1h 54.

2017-03-09T15:54:59+00:00 lundi 02 mars 2015|Critiques Texte|