Captives d’Atom EGOYAN

  • Captive

Nouveau chapitre dans le feuilleton de la carrière d’Atom Egoyan, Captives joue la carte du come-back. La force du cinéaste a toujours tenu à une abstraction qui, lorsqu’elle était explicitée, faisait presque tout tomber à plat. Ici, Egoyan retrouve, dans le labyrinthe d’un récit à tiroirs où se mélangent une conspiration et des parents éplorés à la recherche de leur fille disparue, une certaine fluidité de réalisation. Le résultat est édifiant parce qu’il permet de faire le point sur le pire et le meilleur du cinéaste qu’est devenu Atom Egoyan. Côté pile, une forme de virtuosité narrative qui permet de mêler les thèmes, les personnages et les époques avec une facilité trompeuse. Côté face, une certaine lourdeur dans la caractérisation des personnages, en transformant le « méchant » pathétique du début en vilain surpuissant à la James Bond. Egoyan avait réussi à se créer en dehors des schémas traditionnels hollywoodiens, et avait atteint son sommet dans une symbiose avec une forme littéraire (Russel Banks et De Beaux Lendemains). Malgré son talent, il semble ici rattrapé par une approche conventionnelle qui étouffe un peu sa singularité.

Pierre-Simon Gutman

Film américain d’Atom Egoyan (2014), avec Ryan Reynolds, Scott Speedman, Rosario Dawson. 1h 52.

2017-03-09T15:55:00+00:00 lundi 12 janvier 2015|Critiques Texte|