Caprice d’Emmanuel MOURET

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Il se dégage des films d’Emmanuel MOURET un charme particulier qui a beaucoup à voir avec l’étrange naïveté que le cinéaste, qui est aussi bien souvent l’un des personnages de son film, transmet à l’image. C’est également le cas de Caprice, où notre homme, modeste instituteur de son état, tombe amoureux d’une comédienne en vue… qui n’est pas insensible à son charme. Mais ce conte de fées pour midinettes est beaucoup plus fin qu’il n’en donne l’air, qui vire au marivaudage (une troisième larronne entrant en jeu pour corser l’affaire). La facture est presque classique, le film pourrait être transposé au théâtre sans dommage. Il faut dire que rarement le sentiment amoureux n’avait été examiné avec cette subtilité, cette grâce hors du temps. Les personnages donnent le sentiment de marcher en permanence sur un fil au-dessus du vide, ils nous donnent également le désir de partager leurs émois tant la candeur ambiante est contagieuse. Après une parenthèse dramatique (Une autre vie, traitant quand même de la passion amoureuse), MOURET renoue ici avec ce qui fait son originalité, mais avec une maestria qu’il n’avait encore jamais atteinte. A ne manquer sous aucun prétexte.

Critique d’Yves ALION

Film français d’Emmanuel MOURET (2014), avec Virginie EFFIRA, Anaïs DEMOUSTIER, Emmanuel MOURET. 1h 40.

 

2017-06-23T12:37:54+00:00 mercredi 22 avril 2015|Critiques Texte|