Jusqu’à présent, l’année 2016 n’a pas été un grand cru pour les films de super-héros, avec des films en demi-teinte, voire franchement décevants du côté de chez DC. Marvel remet en quelque sorte les pendules à l’heure avec une magnifique adaptation d’un de ses personnages cultes mais encore inédit au cinéma. Pour faire simple, disons que le Dr. Strange est le pendant « occulte » ou ésotérique des super-héros matérialistes tels qu’Iron Man. Initié au Tibet, Strange se découvre peu à peu des pouvoirs insoupçonnés. Si le scénario respecte une structure éprouvée et peu originale (Star Wars revu par Inception…), il brasse par contre avec intelligence une quantité de thèmes classiques de l’ésotérisme oriental aussi bien qu’occidental tout en respectant l’obligation d’être le plus spectaculaire possible. Sur ce plan le contrat est plus que réussi ; le film est pour une fois impérativement à voir en 3D. Parmi les morceaux de bravoure figure, entre autres, une étonnante bataille « à rebrousse temps ». On retrouve avec plaisir le « style » Marvel, et en particulier ce sens de l’humour qui intervient toujours à propos, sous forme de clin d’œil, pour introduire une distance bienvenue dès que le film risque de devenir trop sérieux ou d’être pris au premier degré. En prime, Marvel s’offre des comédiens de tout premier plan. Benedict Cumberbatch est parfait dans le rôle-titre. Mais il est surclassé  par l’immense Tilda Swinton, dont la composition est proprement impériale.

Critique de Laurent AKNIN

Doctor Strange. Film américain de Scott DERRICKSON (2016), avec Benedict CUMBERBATCH, Tilda SWINTON, Mads MIKKELSEN. 2h

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