Les biopics constituent un genre casse-gueule quand ils s’attachent à une figure populaire dont le souvenir est encore vivace. Mais l’ambition est parfois récompensée. Le Cloclo de Florent-Emilio Siri, consacré à Claude François, nous avait bluffé, tant par la capacité du cinéaste à saisir l’âme du chanteur, un personnage de roman, pour le moins, que par celle de Jérémy Rénier à se glisser dans la peau de son modèle. On a (presque) envie d’en dire autant de ce Dalida, signé par une Lisa Azuelos (la réalisatrice de LOL) qui manifestement change de registre et concernant une autre artiste populaire au destin tragique. D’abord parce que l’incarnation de la chanteuse est extraordinaire : on oublie au bout de trente secondes que c’est une comédienne, Sveva Altivi, qui lui prête ses traits. Ensuite parce que la cinéaste a réussi à nous proposer une vision argumentée de l’artiste, se gardant de partir dans tous les sens, ce qui aurait été facile. Certes la reconstitution des différentes époques a été faite avec beaucoup de soin, et sans doute les fans de la créatrice de Bambino seront-ils ravis d’entendre les tubes qui ont émaillé sa carrière (des débuts un peu exotiques jusqu’à la discutable déferlante disco) et de reconnaître quelques images devenues culte de son parcours (la fameuse affiche de son grand retour sur scène), mais l’essentiel, la trame est bien dans la description de sa quête d’un amour total, jamais assouvie tant les différents hommes de sa vie n’apparaissent (au mieux) que comme de simples mortels avec leur lot de contradictions, voire (au pire) comme d’inqualifiables intrigants. On aimerait presque en savoir un peu plus sur cette intimité-là, sur cette fragilité pathologique (qui a débouché sur un suicide de la star). Mais le frère de Dalida, Orlando (qui ne pâtit pas, au contraire, à se retrouver sous les traits de Riccardo Scarmacio), a veillé au grain. C’est un gage indéniable de sérieux (il aurait été si facile de dire n’importe quoi), mais sans doute aussi la raison d’une certaine raideur (trop ?) respectueuse. Pour s’en rendre compte, il n’est qu’à revoir les deux biopics consacrés à Yves Saint Laurent. Celui qui n’a pas eu le visa de Pierre Bergé est évidemment le plus aventureux…

Critique d'Yves ALION

Film français de Lisa AZUELOS (2016), avec Sveva ALTIVI, Riccardo SCARMACIO, Jean-Paul ROUVE. 2h 04.
 

Critiques Vidéos

UTU de Geoff MURPHY

mars 29, 2017
Critique filmée de Laurent AKNIN Film néo-zélandais de Geoff MURPHY (1984), avec Anzac WALLACE, Merata MITA, Bruno LAWRENCE. 1h 57. Sortie en salle le 29 mars 2017.

Brimstone de Martin KOOLHOVEN

mars 22, 2017
Critique filmée de Laurent AKNIN Film franco-germano-belgo-danois de Martin KOOLHOVEN (2016), avec Guy PEARCE, Dakota FANNING, Kit HARINGTON. 2h 25. Sortie en salle le 22 mars 2017.

Critiques redactionnelles

Félicité d'Alain GOMIS

mars 29, 2017
Félicité, quatrième long métrage du franco-sénégalais Alain Gomis, a reçu en mars, après un Grand Prix du Jury à Berlin en février, l'Étalon d'Or au récent festival d’Ouagadougou, le plus important d'Afrique. Tourné à Kinshasa, c'est le portrait d'une modeste…

Gangsterdam de Romain LEVY

mars 29, 2017
Soit un road movie qui comme son titre l’indique nous emporte aux Pays-Bas avant de nous ramener plus sagement à Paris. Le film met en scène un trio d’étudiants qui pour des raisons un rien tirées par les cheveux se retrouve mêlés à un trafic de drogue… Le…

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