11 avril 2017

C’est beau la vie quand on y pense de Gérard JUGNOT

Tiraillé par le remords, un homme dont le fils a péri dans un accident de voiture et dont le cœur a été transplanté entreprend de trouver l’identité du receveur afin de s’assurer qu’il est digne du donneur. D’un point de départ qui évoque celui de Réparer les vivants, Gérard Jugnot tire un parti fort différent en s’attachant à un thème qui l’obsède : la paternité. Coupable de négligence vis à vis de son fils légitime, il jette son dévolu sur un autre et tente tant bien que mal de compenser, mais en se préoccupant davantage de sa bonne conscience que du bien être de celui sur lequel il a jeté son dévolu. Du coup, le film est bancal et demeure au stade de ses (bonnes) intentions. Certes, Jugnot a toujours témoigné d’une grande bienveillance à l’égard de ses personnages, à commencer par ceux qui peuplaient la cour des miracles d’Une époque formidable, mais elle confine ici à la mièvrerie, tant tout est facile et manichéen. Les gendarmes sont bons enfants, le méchant garagiste a tous les défauts et le couple de tourtereaux semble paré de toutes les vertus. Reste que C’est beau la vie quand on y pense a les défauts de son titre et une fâcheuse tendance à gommer les aspérités de son sujet. Le don d’organe n’y est qu’un prétexte, promptement évacué par le scénario, comme certains personnages secondaires. Difficile de ne pas se dire que Jugnot était plus inspiré lorsqu’il consacrait un autre film aux tourments de la paternité, Meilleur espoir féminin (2000), et y révélait Bérénice Bejo.
Jean-Philippe Guerand

Film français de Gérard JUGNOT (2016), avec Gérard JUGNOT, François DEBLOCK, Isabelle MERGAULT. 1h33.


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